Non ce ne sera pas une chronique boxe. Promis!
C’est simplement une petite observation sur la dernière émission de la saison de Dans l’Oeil du Dragon – que j’ai écoutée un peu en retard. Plus précisément, je veux parler du passage de Noël Doyle, un entrepreneur venant de par chez-nous, à Alma au Lac-St-Jean.
Monsieur Doyle est l’inventeur de Cordoclip – une corde à linge qui épingle automatiquement les vêtements à mesure qu’on les glisse sur son dispositif. Un truc ingénieux que je me souviens avoir vu sur les tablettes à Alma il y a de ça plusieurs années… pour les voir disparaître de la circulation.
Or lors de son passage à l’émission, M. Doyle expliquait que des problèmes initiaux de conception de son truc l’ont, à l’époque, contraint à la faillite…
TKO.
Sans se laisser défaire, M. Doyle a persévéré pendant plus d’une autre décennie jusqu’à l’obtention de son financement via les 5 Dragons (une première!) le 4 juin dernier. Le champion a retrouvé ses jambes et son applomb.
C’est beau tout ça je trouve.
Pas le succès, ni la réussite, ni le couronnement de lundi dernier. Parce qu’ils sont illusoires et temporaires. Obtenir 120,000$ pour couvrir 30 ans de pertes, et 5 dragons motivés mais incapable d’êtres garants de succès, c’est très loin d’être une victoire sans équivoque. C’est un round de gagné, au mieux, sur un long – très long – combat à finir.
C’est somme toute bien peu pour s’énerver, non?
Et ça ne suffit certainement pas à équivaloir les 30 années passées à recevoir des coups à la gueule!
Ce que je trouve beau, moi, c’est la souffrance endurée pour ce moment de gloire aux allures d’un overnight success. Manger des claques mais continuer à avancer. Se faire dire qu’on va dans le mur et chercher à le défoncer. Le mur résiste? On essaie de le contourner à la place, mais le chemin est plus long, il fait plus mal. On est à bout de souffle. Nos alliés s’en vont. On est seuls, mais on avance.
Pendant 30 ans. TRENTE.
Le pire c’est que je ne sais même pas c’est quoi 30 ans – il me manque 350 jours de vie pour le savoir.
Et y a le public aussi. Ce foutu public qui applaudit chacune des claques qu’on reçoit, et qui en redemande. La boxe comme l’entrepreneuriat c’est un spectacle. Quand ça va bien tout le monde est avec toi. Quand ça va mal, t’as plus que tes gants et tes hommes de coin. Faut un char d’humilité pour prendre la chance de s’effondrer sur le ring comme dans la vie.
Mais c’est beau tout ça. Et inspirant.
Tout ce que je me souhaite c’est que ma détermination soit à l’image de la sienne. Mon séjour au front commence, ce gars là me dit que je vais manger une volée tôt ou tard, mais il m’invite à me tenir debout. J’espère avoir sa ténacité pour contourner tous les obstacles, et me renforcer dans l’adversité comme il a su le faire. Me relever lorsque je tomberai, et tenir tête à tous ceux qui douteront de moi.
Et ça, je le souhaite aussi à Lucian Bute…
Ah oui, c’est vrai, j’avais promis que ça ne parlerait pas de boxe!



















