Dans l’oeil du dragon

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Hier j’ai écouté d’un oeil très amusé l’émission Dans l’oeil du dragon à Radio-Canada.

Si je dis amusé, c’est qu’au lancement de ma compagnie j’ai jonglé avec l’idée de m’y présenter. Je me considère être un très bon CTO mais j’aurais bien aimé compter sur l’input d’un mentor et d’un véritable CEO aguerri pour m’aider dans mes premiers pas.

Au-delà de l’argent et du partage de parts de mon entreprise, je cherchais – et cherche encore dans une certaine mesure – une synergie professionnelle pour me compléter. C’est une approche humble, et je crois qu’en affaires, l’humilité doit faire partie de ton kit de départ. Une fois que t’as réussi tu peux péter plus haut que le trou (enfin, on s’entend…), mais quand t’es au point mort, faut accepter de se faire expliquer comment embrayer.

Donc.

J’ai fait mes devoirs et j’ai écouté quelques épisodes de la version américaine pour me faire une tête. Et selon mes observations rapides, ce genre de buffet d’aubaines n’est vraiment pas structuré pour aider réellement les entrepreneurs qui vont s’y vendre.

Je m’explique :

Considérant qu’au terme du processus, les Dragons auront chacun dilapidé leur million sur 5-10 entreprises, ça risque de leur faire toute une année s’ils comptent livrer toutes leurs promesses d’aide au développement. Considérant qu’ils sont déjà probablement fort occupés dans leurs vies respectives, je vois mal comment ils sauront trouver davantage de temps (parce qu’il en faudra, et beaucoup!) pour offrir un retour sur investissement adéquat à leurs nouveaux partenaires.

Je le rappelle, de mon point de vue les entrepreneurs qu’on y voit défiler sont loin d’être majoritairement “autonomes”. D’ailleurs hier soir les deux entrepreneurs et leur entreprise de cartouche d’encre ont montré à quel point leur business d’apparence solide n’était pas l’aubaine recherchée par le panel.

Non, les vraies cibles des Dragons sont soit des gens qui débutent (comme moi) ou ceux qui traînent leur lot de problèmes et qui ont besoin d’un coup de pouce rapidement. Et tous ces gens ont besoin des réseaux de contact de leurs associés, de temps, d’encadrement, de mentorat… autant que d’argent. Je vois déjà planer le risque d’un pelletage d’un peu de bidous pour une grosse part de l’entreprise (30-50%) et un apport qui, au final, se réduit comme une peau de chagrin. Et ce résultat sera autant au détriment de l’entrepreneur que de son Dragon.

Et concernant l’argent maintenant. Les bidous. Le pognon.

Moi, j’ai eu la chance de pouvoir autofinancer mon entreprise. Et à l’ouverture de mes comptes bancaires j’ai quand même pris soin d’évaluer les différents taux offerts pour aider mon projet à décoller plus rapidement. Sans pousser les démarches ou négocier quoi que ce soit j’aurais pu emprunter 50-100,000$ à un taux sous les 13%. Étant donné que c’est dans cette tranche que se trouvent les demandes de la majorité des entrepreneurs, je me demande bien comment ça devient logique pour eux de céder 40+% de leur projet (et leurs profits futurs) pour obtenir ce montant des Dragons considérant le point précédent. À moins bien sûr, comme je le mentionnais, que l’entreprise n’éprouve de grandes difficultés financières ou traîne de gros arrérages.

Bref pour toutes ces raisons, je n’ai pas senti que ce contexte était le bon pour moi.

Je dois cependant dire que je vais assurément continuer de suivre cette trop rare émission mettant de l’avant des entrepreneurs d’ici. C’est un univers passionnant et si peu valorisé au Québec…

 

Émile Girard
Je suis le Président d'Instamobile.ca, un Développeur Web passionné depuis 1998 et un Socialiseur en Réseau notoire. Un hyper-actif numérique oeuvrant dans les coulisses de sites web et applications que vous adorez. Plus »

2 commentaires pour "Dans l’oeil du dragon"

  1. Michel Bouchard says:

    En fait, à bien y penser, le titre est pas correct, c’est pas L’Oeil du dragon qui convient, c’est L’Oeil du chacal.

  2. L_Econome says:

    Si ça peut toutefois intéresser plus de gens à l’entreprenariat, je pense que ça a du bon!

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